La légende de MAMY WATAH

MAMY WATAH est une divinité Africaine.

Présente chez les Bantou (Cameroun, Congo, Gabon, Afrique du Sud, etc ... ) et chez les Yoruba (Nigéria, Bénin, Togo, etc ... ) on retrouve également sa trace de l’autre côté de l’Atlantique au Brésil et en Haïti où son culte est célébré avec ferveur.

On l’appelait Ouadjet (Edjo ou Outo) en ancienne Egypte, aujourd’hui Yemendja ou Erzulie aux Caraïbes et en Amérique du Sud, Essima chez les Bakoko du Cameroun ou Djengu chez les Duala et les Batanga.

Elle s’apparente à la déesse Kundalini en Inde.

Divinité de la mer, son image est souvent représentée par une femme noire aux grands seins, symbole de fécondité.

Déesse de la danse, de la musique, du chant et de l’amour, Mère des océans et des rivières, Mère nourricière et protectrice, tout comme l’Afrique, elle porte en elle l’origine de l’humanité toute entière.

Nombreux sont les pêcheurs qui racontent avoir rencontré MAMY WATAH : Ils la décrivent avec un visage de Vénus et un corps de Sirène.

Divinté polymorphe, MAMY WATAH peut apparaître sous des aspects différents, tantôt bienfaitrice, tantôt destructrice.

Ainsi en pays Bantou, une légende relate ceci :

« Lorsque le soir tombe, promeneur solitaire au bord de l’eau, votre regard sera peut-être attiré vers le sable par une pierre particulièrement brillante, si vous la ramassez MAMY WATAH vous apparaîtra pour le meilleur et pour le pire. »

Cette ambivalence ou plutôt cette bipolarité est une constante chez MAMY WATAH qui est parfois symbolisée par deux déesses-serpents, analogues aux deux poissons lovés l’un dans l’autre du symbole énergétique asiatique Yin Yang.

Loin d’être une divinité versatile, tantôt mauvaise tantôt bonne, MAMY WATAH évoque l’union des deux courants d’énergie qui parcourent notre corps, appelés nadis (méridiens) Ida et Pingala dans la pratique du Yoga.

Ida et Pingala s’unissent et s’enroulent de façon ascendante autour de la colonne vertébrale pour éveiller Kundalini.                                                    

On retrouve une représentation symbolique de cette union dans le Caducée de Mercure / Hermès, aujourd’hui emblême des professions de Santé.

Comme toute les légendes, celle de MAMY WATAH est une métaphore.

MAMY WATAH apparait à celui qui devient initié en se débarrassant de l’homme ancien.

On reconnait encore la bipolarité de MAMY WATAH qui détruit et qui reconstruit.

L’éveil de MAMY WATAH est de nombreux points comparable à l’éveil de Kundalini, énergie enroulée dans le bas de la colonne vertébrale qui monte dans Susumna nadi ( comparable à la mœlle épinière qui est constituée de 95% d’eau ! ) grâce à l’union des nadis Ida et Pingala ( comparables aux systèmes sympathiques et parasympathiques ).

 

 

Cette énergie endormie jusque là dans la région sacrée (sacrum) monte vers les centres supérieurs, jusqu’au milieu du front (Ajna chakra) d’où elle rayonne et illumine.

C’est pourquoi la danse tout comme la méditation participe à cet éveil, à cette montée en puissance de la vitalité et de la spiritualité.

Dans la plupart des danses africaines et leurs cousines (danse orientale, danse indienne, Salsa, Samba, Zouk, etc ... ) les ondulations vertébrales constituent la base de la technique.

Les danses Bantou d’Afrique Centrale développent particulièrement la mobilité du dos à partir de mouvements fluides, ondulés ou spiralés.

Ce qui évoque bien sûr la déesse MAMY WATAH dans son apparence de femme-serpent ou femme-poisson.

C’est d’ailleurs à partir de ces mouvements aquatiques que la danse peut mener à la transe quand la divinité s’est emparé du corps de l’initié.

Mais là c’est une histoire qui ne se raconte pas ...

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